Background: Neurobiological findings and clinical data suggest that dissociative experience inhibits conditioning processes, but experimental studies are lacking. The aim of our study was to determine whether high states of dissociative experience would specifically alter emotional learning, but not declarative knowledge.
Methods: We used an aversive differential delay conditioning procedure in 33 unmedicated patients with borderline personality disorder (BPD) and 35 healthy controls.
Results: Patients with BPD who had high state dissociative experiences (BPD D+) showed diminished acquisition of differential aversive delay conditioning with respect to emotional learning compared with those who did not experience dissociative symptoms (BPD D-) and healthy controls (skin conductance response; interaction dissociation x quadratic time x type, p = 0.009). Specifically, the control group and the BPD D- subgroup showed an increase in valence and arousal to the conditioned stimulus (CS+) during the conditioning procedure (all p < 0.012) and demonstrated differential skin conductance responses in the acquisition and extinction phases. In contrast, the BPD D+ subgroup showed no increase in valence and arousal to CS+ or differential response regarding skin conductance. We examined general psychopathology, trauma history, perceptual differences and posttraumatic stress disorder as confounding factors, but we found no evidence of bias.
Limitations: Subdividing the BPD group reduced power. In addition, because our sample included only women, the generalizability of our results is constrained. Furthermore, we performed no separate analysis of the influence of different aspects of dissociation on the learning process.
Conclusion: Emotional, amygdala-based learning processes seem to be inhibited during state dissociative experience. State dissociative experience may alter acquisition and extinction processes and should be closely monitored in exposure-based psychotherapy.
Contexte: Selon des observations et des données cliniques neurobiologiques, les états dissociatifs inhiberaient les processus de conditionnement, mais les études expérimentales sur le sujet font défaut. La présente étude avait pour but de déterminer si les états hautement dissociatifs peuvent altérer spécifiquement certains apprentissages émotionnels, sans influer sur le savoir déclaratif.
Méthodes: Nous avons utilisé une technique de conditionnement différé aversif différentiel chez 33 patientes atteintes d’un trouble de personnalité limite non traitées pharmacologiquement et chez 35 témoins en bonne santé.
Résultats: Les patientes atteints d’un trouble de personnalité limite et présentant un état hautement dissociatif (D+) ont manifesté une acquisition plus lente du conditionnement différé aversif différentiel en ce qui a trait à l’apprentissage émotionnel, comparativement aux patientes qui ne présentaient pas de symptômes dissociatifs (D−) et aux témoins en bonne santé (réponse de conductance cutanée; dissociation de type « temps quadratique » vis-à-vis des interactions, p = 0,009). Plus spécifiquement, le groupe témoin et le sous-groupe de patientes D− ont présenté une augmentation de la valence et de l’éveil au stimulus conditionné (SC+) durant l’étape de conditionnement (tous p < 0,012) et ont manifesté des réponses de conductance cutanée différentielles durant les phases d’acquisition et d’extinction. En revanche, le sous-groupe de patientes D+ n’a manifesté aucune augmentation de valence et d’éveil au SC+, ni aucune réponse différentielle en ce qui a trait à la conductance cutanée. Parmi les facteurs de confusion, nous avons analysé la psychopathologie générale, les antécédents de traumatisme, les différences perceptuelles et les troubles de type stress post-traumatique, mais nous n’avons relevé aucun signe de
Limites: La division du groupe atteint d’un trouble de personnalité limite a réduit la puissance de l’étude. De plus, étant donné que notre échantillon n’incluait que des femmes, nos résultats sont plus difficilement généralisables. En outre, nous n’avons effectué aucune analyse distincte de l’influence de divers aspects de la dissociation sur le processus d’apprentissage.
Conclusion: Les processus d’apprentissage émotionnels qui dépendent de l’amygdale semblent être inhibés chez les participants présentant un état dissociatif. Les états dissociatifs peuvent perturber les processus d’acquisition et d’extinction et méritent d’être surveillés étroitement lors de psychothérapies par exposition.