Venous thromboembolism and antithrombotic therapy in pregnancy

J Obstet Gynaecol Can. 2014 Jun;36(6):527-53. doi: 10.1016/s1701-2163(15)30569-7.

Abstract
in En , French

Objective: To present an approach, based on current evidence, for the diagnosis, treatment, and thromboprophylaxis of venous thromboembolism in pregnancy and postpartum.

Evidence: Published literature was retrieved through searches of PubMed, Medline, CINAHL, and The Cochrane Library from November 2011 to July 2013 using appropriate controlled vocabulary (e.g. pregnancy, venous thromboembolism, deep vein thrombosis, pulmonary embolism, pulmonary thrombosis) and key words (e.g., maternal morbidity, pregnancy complications, thromboprophylaxis, antithrombotic therapy). Results were restricted to systematic reviews, randomized control trials/controlled clinical trials, and observational studies published in English or French. There were no date restrictions. Grey (unpublished) literature was identified through searching the websites of clinical practice guideline collections, clinical trial registries, and national and international medical specialty societies.

Values: The quality of evidence in this document was rated using the criteria described in the Report of the Canadian Task Force on Preventative Health Care (Table 1).

Objectif : Présenter une approche, fondée sur les données actuelles, envers le diagnostic, la prise en charge et la thromboprophylaxie de la thromboembolie veineuse pendant la grossesse et la période postpartum. Résultats : La littérature publiée a été récupérée par l’intermédiaire de recherches menées dans PubMed, Medline, CINAHL et The Cochrane Library entre novembre 2011 et juillet 2013 au moyen d’un vocabulaire contrôlé (p. ex. « pregnancy », « venous thromboembolism », « deep vein thrombosis », « pulmonary embolism », « pulmonary thrombosis ») et de mots clés (p. ex. « maternal morbidity », « pregnancy complications », « thromboprophylaxis », « antithrombotic therapy ») appropriés. Les résultats ont été restreints aux analyses systématiques, aux essais comparatifs randomisés / essais cliniques comparatifs et aux études observationnelles publiés en anglais ou en français. Aucune restriction n’a été imposée en matière de dates. La littérature grise (non publiée) a été identifiée par l’intermédiaire de recherches menées dans les sites Web d’organismes s’intéressant à l’évaluation des technologies dans le domaine de la santé et d’organismes connexes, dans des collections de directives cliniques, dans des registres d’essais cliniques et auprès de sociétés de spécialité médicale nationales et internationales. Valeurs : La qualité des résultats est évaluée au moyen des critères décrits dans le rapport du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (Tableau). Recommandations 1. La tenue d’un examen objectif s’avère requise lorsque la présence d’une thrombose veineuse profonde ou d’une embolie pulmonaire est soupçonnée sur le plan clinique. (II-2A) 2. Pour diagnostiquer la présence d’une thrombose veineuse profonde, il est recommandé d’avoir recours à une échographie; lorsque l’examen initial donne des résultats négatifs, il est recommandé de mener une nouvelle échographie à au moins une reprise au cours des sept jours suivants. Dans le cadre de chacun des examens, l’intégralité du système veineux (de la veine iliaque externe à la veine poplitée) doit être visualisée et des manœuvres de compression doivent être appliquées de la veine fémorale à la veine poplitée. (II-2B) 3. Pour diagnostiquer la présence d’une embolie pulmonaire, tant la scintigraphie de ventilation-perfusion que l’angiographie par tomodensitométrie peuvent être utilisées. (II-2A) Chez les femmes enceintes, la scintigraphie de ventilation-perfusion constitue le test à privilégier. (III-B) 4. Ni la seule détermination du taux de D-dimères ni l’application de règles de prédiction cliniques ne devraient être utilisées pour écarter la présence possible d’une thromboembolie veineuse chez les femmes enceintes sans avoir recours à un examen objectif. (III-D) 5. Les femmes enceintes ayant obtenu un diagnostic de thromboembolie veineuse aiguë devraient être hospitalisées ou encore faire l’objet d’un suivi étroit en clinique externe au cours des deux premières semaines suivant l’établissement du diagnostic initial. (III-C) 6. L’héparine de bas poids moléculaire est l’agent pharmacologique à privilégier, par rapport à l’héparine non fractionnée, pour la prise en charge de la thromboembolie veineuse pendant la grossesse. (II-2A) 7. Il est extrêmement rare de constater une thrombocytopénie induite par l’héparine chez les femmes enceintes. La consultation d’un hématologue ou d’un spécialiste de la thrombose est recommandée au moment d’envisager l’utilisation d’héparanoïdes pour la prise en charge d’une thromboembolie veineuse, le cas échéant. (II-3B) 8. L’utilisation d’antagonistes de la vitamine K pour la prise en charge de la thromboembolie veineuse pendant la grossesse ne devrait être envisagée que dans des circonstances exceptionnelles. (II-2A) 9. Nous nous prononçons contre l’utilisation des inhibiteurs du facteur Xa et des inhibiteurs directs de la thrombine administrés par voie orale pour la prise en charge de la thromboembolie veineuse pendant la grossesse. (III-D) 10. Pour la prise en charge de la thromboembolie veineuse aiguë pendant la grossesse, nous recommandons le respect de la posologie recommandée par le fabricant pour chacune des héparines de bas poids moléculaire, en fonction du poids actuel de la patiente. (II-1A) L’héparine de bas poids moléculaire peut être administrée une ou deux fois par jour, selon l’agent sélectionné. (III-C) 11. Chez les femmes enceintes dont le traitement initial fait appel à de l’héparine de bas poids moléculaire à dose thérapeutique, la numération plaquettaire devrait être déterminée au départ, puis l’être à nouveau une semaine plus tard, aux fins du dépistage de la thrombocytopénie induite par l’héparine. (III-C) 12. Chez les femmes enceintes qui présentent une thromboembolie veineuse aiguë, nous recommandons la mise en œuvre d’une anticoagulation thérapeutique pendant au moins trois mois. (I-A) 13. À la suite du traitement initial, l’intensité de l’anticoagulation peut être atténuée en passant à une dose intermédiaire ou prophylactique pour le reste de la grossesse et pour une période d’au moins six semaines à la suite de l’accouchement. (III-C) 14. Chez les femmes enceintes qui présentent une thrombose veineuse profonde aiguë proximale de la jambe, l’utilisation de bas de contention gradués peut être envisagée pour le soulagement des symptômes. (III-C) 15. Le recours à la thrombolyse pendant la grossesse ne devrait être envisagé qu’en présence d’une embolie pulmonaire massive ou d’une thrombose veineuse profonde menaçant l’intégrité d’un membre. (III-C) 16. Les filtres de veine cave ne devraient être utilisés que chez les femmes enceintes qui présentent une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire aiguë et des contre-indications à l’anticoagulation. (III-C) 17. Une veinographie par tomodensitométrie et/ou une imagerie par résonance magnétique devraient être menées pour écarter la présence possible (lorsque celle-ci est soupçonnée) d’une thrombose veineuse cérébrale. (I-C) 18. Une anticoagulation faisant appel à une dose thérapeutique devrait être mise en œuvre lorsque la présence d’une thrombose veineuse cérébrale est confirmée. (II-2A) 19. À la suite d’une thrombose veineuse cérébrale, la mise en œuvre d’une thromboprophylaxie devrait être envisagée dans le cadre des grossesses subséquentes. (II-1C) 20. Dans les cas de thrombophlébite superficielle, une échographie de compression devrait être menée pour écarter la présence possible d’une thrombose veineuse profonde; (II-2A) de plus, une échographie de compression devrait être menée à nouveau lorsqu’une aggravation de la phlébite mène les fournisseurs de soins à soupçonner la présence d’une propagation proximale. (III-C) 21. L’administration d’héparine de bas poids moléculaire (selon des doses prophylactiques ou intermédiaires) pendant de 1 à 6 semaines est recommandée chez les femmes qui présentent une thrombophlébite superficielle bilatérale, chez les femmes très symptomatiques et chez les femmes qui présentent une thrombophlébite superficielle située à ≤ 5 cm du système veineux profond (jonctions saphénofémorale et saphénopoplitée) ou affectant ≥ 5 cm d’une veine. (I-A) 22. La seule mise en œuvre d’une observation est recommandée chez les femmes présentant une thrombophlébite superficielle qui sont exposées à de faibles risques de thrombose veineuse profonde et chez les femmes qui ne nécessitent pas la mise en œuvre d’une maîtrise des symptômes. Ces femmes devraient faire l’objet d’un suivi clinique mené dans les sept à dix jours; de plus, une nouvelle échographie de compression devrait être menée chez ces femmes dans un délai d’une semaine. (I-A) 23. La tomodensitométrie et/ou l’imagerie par résonance magnétique (avec ou sans angiographie) sont les modalités d’imagerie de référence pour ce qui est d’écarter la présence possible d’une thrombose de la veine ovarienne. (II-2A) 24. Lorsque la présence d’une thrombose de la veine ovarienne est confirmée, nous recommandons l’administration d’antibiotiques à large spectre par voie parentérale; nous recommandons également que ce traitement se poursuive pendant au moins 48 heures à la suite de la défervescence et de l’amélioration clinique. (II-2A) Une antibiothérapie de plus longue durée s’avère nécessaire en présence d’une septicémie ou d’infections compliquées. (III-C) 25. Lorsque la présence d’une thrombose de la veine ovarienne est confirmée, la mise en œuvre d’une anticoagulation (selon des doses thérapeutiques) pourrait être envisagée pendant de 1 à 3 mois. (III-C) 26. Le dépistage systématique de toutes les thrombophilies héréditaires chez toutes les femmes connaissant un premier épisode de thromboembolie veineuse diagnostiqué pendant la grossesse ne s’avère pas indiqué. (III-C) 27. Le dépistage des déficits en protéine S, en protéine C et en antithrombine s’avère indiqué à la suite d’un épisode de thromboembolie veineuse pendant la grossesse, en présence d’antécédents familiaux où figurent ces thrombophilies particulières ou lorsqu’une thrombose se manifeste à un endroit inhabituel. (III-C) 28. Le dépistage des anticorps antiphospholipides s’avère indiqué lorsque les résultats d’un tel dépistage affecteraient la durée de l’anticoagulation. (III-C) 29. Une évaluation du risque personnel de connaître une thromboembolie veineuse devrait être menée avant toutes les grossesses et une fois la présence d’une grossesse confirmée; une telle évaluation devrait également être menée à nouveau tout au long de la grossesse, au fur et à mesure que se manifestent de nouvelles situations cliniques. Les préférences et les valeurs de la patiente devraient être prises en considération lorsque l’on envisage d’avoir recours à la thromboprophylaxie antepartum. (III-B) 30. Les femmes qui sont exposées à un risque accru devraient être avisées des symptômes de la thromboembolie veineuse. (III-B) 31. L’héparine de bas poids moléculaire est l’agent pharmacologique à privilégier, par rapport à l’héparine non fractionnée, aux fins de la thromboprophylaxie antepartum. (III-A) Les doses d’héparine de bas poids moléculaire devraient être utilisées conformément aux recommandations des fabricants. (III-C) 32. L’administration systématique d’un agent anti-Xa et la surveillance du taux de plaquettes ne sont pas recommandées lorsque la patiente fait l’objet d’une thromboprophylaxie selon une dose prophylactique. (II-2E) 33. Nous recommandons la mise en œuvre d’une thromboprophylaxie thérapeutique au cours de la grossesse dans les situations suivantes : a. une anticoagulation thérapeutique à long terme a été utilisée avant la grossesse en raison d’une indication persistante; (III-B) b. des antécédents personnels de multiples thromboembolies veineuses. (III-B) 34. Nous recommandons la mise en œuvre d’une thromboprophylaxie intermédiaire ou thérapeutique au cours de la grossesse dans la situation suivante : a. des antécédents personnels de thromboembolie veineuse et de thrombophilie à risque élevé (déficit en antithrombine, syndrome des antiphospholipides) n’ayant pas auparavant fait l’objet d’un traitement d’anticoagulation. (III-B) 35. Nous recommandons la mise en œuvre d’une thromboprophylaxie selon une dose prophylactique au cours de la grossesse dans les situations suivantes (risque absolu > 1 %) : a. des antécédents personnels de thromboembolie veineuse non provoquée; (II-2A) b. des antécédents personnels de thromboembolie veineuse associée aux contraceptifs oraux ou à la grossesse; (II-2A) c. des antécédents personnels de thromboembolie veineuse provoquée et de quelque thrombophilie à faible risque que ce soit; (I-A) d. la présence d’un facteur V de Leiden homozygote asymptomatique; (II-2A) e. la présence d’une mutation du gène 20210A de la prothrombine homozygote asymptomatique; (III-B) f. la présence d’une thrombophilie combinée asymptomatique; (III-B) g. la présence d’un déficit en antithrombine asymptomatique; (III-B) h. la tenue d’une chirurgie non obstétricale pendant la grossesse, s’accompagnant d’une thromboprophylaxie dont la durée dépend de l’intervention et de la patiente; (III-B) i. un alitement strict antepartum pendant ≥ 7 jours chez une femme dont l’indice de masse corporelle était > 25 kg/m2 au moment de sa première consultation prénatale. (II-2B) 36. La mise en œuvre d’une thromboprophylaxie antepartum en raison de la présence isolée d’un des facteurs de risque associés à la grossesse n’est pas recommandée. (III-E) 37. La mise en œuvre d’une thromboprophylaxie antepartum devrait être envisagée en présence de multiples facteurs de risque cliniques ou associés à la grossesse lorsque l’on estime que le risque absolu global de TEV est supérieur à 1 %, particulièrement chez les patientes qui sont hospitalisées en vue d’un alitement. (II-2B) 38. La mise en œuvre systématique d’une thromboprophylaxie ne s’avère pas nécessaire chez toutes les femmes qui subissent un déclenchement de l’ovulation. (III-C) 39. Lorsque le recours aux techniques de procréation assistée donne lieu à un syndrome d’hyperstimulation ovarienne grave, nous recommandons la mise en œuvre d’une thromboprophylaxie à l’héparine de bas poids moléculaire pour une durée d’au moins 8 à 12 semaines à la suite de la résolution de ce syndrome. (III-B) 40. La mise en œuvre d’une thromboprophylaxie à l’héparine de bas poids moléculaire devrait être envisagée, au moment de la stimulation ovarienne, chez toutes les femmes exposées à un risque accru de thromboembolie veineuse qui ont recours à des techniques de procréation assistée. (III-B) 41. Les femmes qui en viennent à présenter une thromboembolie veineuse en association avec le recours aux techniques de procréation assistée, mais qui n’obtiennent pas une grossesse dans le cadre du cycle en question, devraient être traitées au moyen d’une anticoagulation thérapeutique pendant au moins trois mois. (II-3A) Les femmes qui obtiennent une grossesse dans le cadre du cycle de procréation assistée en question devraient être traitées conformément aux recommandations 12 et 13 traitant de la présence d’une thromboembolie veineuse aiguë pendant la grossesse. (I-A, III-C) 42. Les femmes faisant l’objet d’une anticoagulation thérapeutique ou administrée selon une dose prophylactique ou intermédiaire devraient être avisées de leurs options en matière d’analgésie / anesthésie avant l’accouchement. (III-B) 43. À terme (37 semaines), le passage de l’héparine de bas poids moléculaire thromboprophylactique à l’héparine non fractionnée administrée selon une dose prophylactique pourrait être envisagé de façon à permettre l’offre d’un plus grand nombre d’options en matière d’analgésie pendant le travail. (III-L) 44. Le traitement à l’héparine non fractionnée ou à l’héparine de bas poids moléculaire administrée selon une dose prophylactique ou intermédiaire doit être suspendu à l’apparition spontanée du travail ou au cours de la journée précédant la tenue planifiée d’un déclenchement du travail ou d’une césarienne. (II-3B) 45. Une numération plaquettaire récente devrait être disponible au moment de l’admission en salle de travail ou avant la tenue d’une césarienne pour les femmes qui ont reçu ou qui reçoivent des anticoagulants. (III-B) 46. Chez les femmes qui reçoivent de l’héparine de bas poids moléculaire, une anesthésie centrale peut être administrée comme suit : a. dose prophylactique : de 10 à 12 heures après la dernière dose, au minimum; (III-B) b. dose thérapeutique : 24 heures à la suite de la dernière dose. (III-B) 47. Chez les femmes qui reçoivent de l’héparine non fractionnée, une anesthésie centrale peut être administrée comme suit : a. dose prophylactique (maximum 10 000 U/jour) : sans délai; (III-B) b. perfusion thérapeutique : au moins 4 heures après l’arrêt de la perfusion et lorsque le temps de céphaline activée est normal; (III-B) c. héparine non fractionnée sous-cutanée à dose thérapeutique : lorsque le temps de céphaline activée est normal (cela pourrait prendre 12 heures ou plus à la suite de la dernière injection). (III-B) 48. La mise en œuvre d’une anesthésie centrale doit être évitée chez les femmes ayant fait l’objet d’une anticoagulation exhaustive ou en présence de symptômes indiquant une altération de la coagulation. (II-3A) 49. Le retrait d’un cathéter péridural / rachidien laissé in situ postpartum ne devrait être effectué que 4 heures, de 10 à 12 heures ou 24 heures à la suite de l’administration d’héparine non fractionnée à dose prophylactique (maximum 10 000 U/jour), d’héparine de bas poids moléculaire à dose prophylactique (une seule dose quotidienne) ou d’héparine de bas poids moléculaire à dose thérapeutique, respectivement, ou, dans le cas de l’administration d’héparine non fractionnée à dose thérapeutique, que lorsque le temps de céphaline activée est normal. (II-3B) 50. L’administration d’héparine de bas poids moléculaire à dose prophylactique (une seule dose quotidienne) peut être démarrée ou redémarrée quatre heures après le retrait d’un cathéter péridural / rachidien, pour autant que l’on constate une récupération neurologique totale et l’absence de symptômes indiquant des saignements évolutifs ou une coagulopathie. (III-B) 51. L’administration d’héparine de bas poids moléculaire à dose thérapeutique peut être démarrée ou redémarrée au moins 24 heures après un bloc central en injection unique et au moins 4 heures après le retrait d’un cathéter péridural / rachidien, pour autant que l’on constate une récupération neurologique totale et l’absence de symptômes indiquant des saignements évolutifs ou une coagulopathie. (III-B) 52. L’administration d’héparine non fractionnée par voie sous-cutanée peut être démarrée ou redémarrée au moins 1 heure après un bloc central en injection unique, pour autant que l’on constate une récupération neurologique totale et l’absence de symptômes indiquant des saignements évolutifs ou une coagulopathie. (III-B) 53. N’administrez pas des inhibiteurs de l’agrégation plaquettaire (acide acétylsalicylique ou anti-inflammatoires non stéroïdiens) et de l’héparine de façon concomitante lorsqu’un cathéter péridural / rachidien est laissé in situ postpartum. (III-D) 54. Les femmes qui reçoivent une anticoagulation thérapeutique et qui ont subi une anesthésie centrale devraient faire l’objet d’une surveillance étroite visant l’apparition possible d’un hématome spinal. (III-B) 55. La mise en œuvre universelle d’une thromboprophylaxie postpartum n’est pas recommandée. (III-D) 56. Cherchez à déterminer la présence d’un risque accru de thromboembolie veineuse postpartum après chaque accouchement, en fonction des facteurs de risque antepartum, intrapartum et postpartum, et répétez le processus au fur et à mesure que se manifestent de nouvelles situations cliniques. (II-2B) 57. L’héparine de bas poids moléculaire est l’agent pharmacologique à privilégier, par rapport à l’héparine non fractionnée, aux fins de la thromboprophylaxie postpartum. (III-A) Les doses d’héparine de bas poids moléculaire devraient être utilisées conformément aux recommandations des fabricants. (III-C) 58. La mise en œuvre d’une thromboprophylaxie postpartum pharmacologique est recommandée dans les situations suivantes : Présence d’un des facteurs de risque suivants (chacun de ces facteurs de risque donnant lieu à un risque absolu de thromboembolie veineuse > 1 %) : a. quelque antécédent de thromboembolie veineuse que ce soit; (II-2A) b. quelque thrombophilie à risque élevé que ce soit : syndrome des antiphospholipides, déficit en antithrombine, présence d’une mutation du gène 20210A de la prothrombine ou d’un facteur V de Leiden homozygote, thrombophilie combinée; (II-2B) c. alitement strict avant l’accouchement pendant 7 jours ou plus; (II-2B) d. perte sanguine peripartum ou postpartum > 1 litre ou remplacement des produits sanguins et tenue concomitante d’une chirurgie postpartum; (II-2B) e. infection peripartum / postpartum. (II-2B) 59. La mise en œuvre d’une thromboprophylaxie postpartum devrait être envisagée en présence de multiples facteurs de risque cliniques ou associés à la grossesse, lorsque l’on estime que le risque absolu global est supérieur à 1 % : a. présence de deux des facteurs de risque suivants (chacun de ces facteurs de risque donnant lieu à un risque absolu de thromboembolie veineuse < 1 %) : i. indice de masse corporelle ≥ 30 kg/m2 au moment de la première consultation antepartum; (II-2B) ii. fait de fumer > 10 cigarettes/jour pendant la période antepartum; (II-2B) iii. prééclampsie; (II-2B) iv. retard de croissance intra-utérin; (II-2B) v. placenta prævia; (II-2B) vi. césarienne d’urgence; (II–2B) vii. perte sanguine peripartum ou postpartum > 1 litre ou remplacement des produits sanguins; (II-2B) viii. quelque thrombophilie à faible risque que ce soit : déficit en PC ou en PS, présence d’une mutation du gène 20210A de la prothrombine ou d’un facteur V de Leiden hétérozygote; (III-B) ix. cardiopathie maternelle, lupus érythémateux disséminé, drépanocytose, maladie inflammatoire chronique de l’intestin, varices, diabète gestationnel; (III-B) x. accouchement préterme; (III-B) xi. mortinaissance. (III-B) b. présence d’au moins trois des facteurs de risque suivants (chacun de ces facteurs de risque donnant lieu à un risque absolu de thromboembolie veineuse < 1 %) : i. âge > 35 ans; (II-2B) ii. parité ≥ 2; (II-2B) iii. utilisation de quelque technique de procréation assistée que ce soit; (II-2B) iv. grossesse multiple; (II-2B) v. décollement placentaire; (II-2B) vi. rupture prématurée des membranes; (II-2B) vii. césarienne planifiée; (II-2B) viii. cancer maternel. (III-B) 60. L’utilisation d’appareils de compression pneumatique intermittente ou séquentielle constitue une solution de rechange lorsque l’héparine est contre-indiquée pendant la période postpartum. Lorsque le risque de thromboembolie veineuse postpartum est élevé, ces appareils peuvent être utilisés conjointement avec de l’héparine de bas poids moléculaire ou de l’héparine non fractionnée. (III-B) 61. Les femmes qui présentent des facteurs de risque évolutifs et persistants devraient faire l’objet d’une thromboprophylaxie postpartum pendant au moins six semaines à la suite de l’accouchement. (II-3B) 62. Les femmes qui présentent des facteurs de risque antepartum ou intrapartum transitoires devraient faire l’objet d’une thromboprophylaxie postpartum jusqu’à l’obtention de leur congé de l’hôpital ou pendant jusqu’à deux semaines à la suite de l’accouchement. (III-C) 63. Le dépistage universel des thrombophilies n’est pas indiqué chez les femmes qui connaissent des issues de grossesse indésirables (prééclampsie grave, retard de croissance intra-utérin, mortinaissance). (II-2D) 64. Les femmes qui connaissent des pertes fœtales tardives ou des fausses couches récurrentes devraient faire l’objet d’un dépistage visant le syndrome des antiphospholipides. (I-B) 65. L’utilisation d’acide acétylsalicylique à faible dose (avec ou sans héparine de bas poids moléculaire) est recommandée pendant la grossesse pour les femmes chez qui la présence du syndrome des antiphospholipides est confirmée. (I-C) 66. Lorsque la présence du syndrome des antiphospholipides n’a pas été confirmée, l’utilisation concomitante d’acide acétylsalicylique à faible dose et d’héparine de bas poids moléculaire n’est pas recommandée chez les femmes qui présentent des antécédents de fausses couches récurrentes. (I-E) 67. L’héparine de bas poids moléculaire ne devrait pas être utilisée de façon systématique aux fins de l’atténuation du risque de complications à médiation placentaire récurrentes chez les femmes qui présentent ou non une thrombophilie (en l’absence du syndrome des antiphospholipides). (I-C).

Keywords: adverse pregnancy outcomes; assisted reproductive technology; deep vein thrombosis; heparin; neuraxial analgesia; pregnancy or puerperal complications; pulmonary embolism; thromboprophylaxis; venous thromboembolism.

Publication types

  • Practice Guideline

MeSH terms

  • Acute Disease
  • Algorithms
  • Female
  • Fibrinolytic Agents / therapeutic use*
  • Humans
  • Pregnancy
  • Pregnancy Complications, Hematologic / diagnosis*
  • Pregnancy Complications, Hematologic / therapy*
  • Venous Thromboembolism / diagnosis*
  • Venous Thromboembolism / therapy*

Substances

  • Fibrinolytic Agents