Personnes intersexes : une santé physique et mentale dégradée à l’âge adulte

Sante Publique. 2026;38(2):53-63. doi: 10.3917/spub.262.0053.
[Article in French]

Abstract

Introduction: This article focuses on the physical and mental health of intersex people in France. They often undergo medical interventions in childhood, presented as aiming to improve their well-being. However, few studies objectively assess the overall health of intersex people in adulthood.

Purpose of the study: This self-administered questionnaire survey aims to describe the health status of intersex people and to analyze the factors contributing to its deterioration, including those related to medicalization.

Results: Analysis of the 155 eligible responses highlights poor physical and mental health outcomes. Forty-seven percent of the sample reported being in poor or very poor general health, and 66% reported limitations in daily activities. In addition, 62% of respondents were experiencing psychological distress at the time of the survey, with a high prevalence of suicidal behavior (41% over the lifetime). Overall, 89% of respondents reported having forgone healthcare during the previous year, for two main reasons: reluctance to confront a physician or attend a hospital setting, and fear of discrimination or violence. Respondents with lower levels of education, weaker attachment to employment, and lower incomes exhibited poorer health indicators.

Conclusions: The poor health of intersex people can be explained by the combined effects of medicalization and the violence associated with it, subsequent healthcare avoidance, and the stigma they experience.

Introduction : Cet article porte sur l’état de santé physique et mentale des personnes intersexes en France. Elles subissent souvent des interventions médicales dans l’enfance présentées comme un moyen pour améliorer leur bien-être. Pour autant, il existe peu d’enquêtes permettant d’objectiver l’état de santé global de ces personnes à l’âge adulte. But de l’étude : Cette enquête par questionnaire auto-administré vise à rendre compte de l’état de santé des personnes intersexes et à analyser les facteurs susceptibles de le dégrader, y compris ceux liés à leur médicalisation. Résultats : L’analyse des 155 réponses éligibles met en évidence un état de santé physique et mental dégradé : 47 % de l’échantillon considère être en mauvaise ou très mauvaise santé générale et 66 % présentent des limitations dans les activités quotidiennes. De plus, 62 % des répondant-es sont en détresse psychologique au moment de l’enquête avec un taux important de conduites suicidaires (41 % au cours de la vie). Au total, 89 % des répondant-es ont renoncé à des soins au cours de l’année, pour deux raisons principales : ne pas vouloir être confronté-es à un médecin ou à un contexte hospitalier, et la peur de subir des discriminations ou des violences. Les personnes les moins diplômées, éloignées de l’emploi et celles disposant des revenus les plus bas présentent des indicateurs de santé plus dégradés. Conclusions : L’état de santé dégradé des personnes intersexes s’explique conjointement par leur parcours de médicalisation et les violences qu’il charrie, le renoncement aux soins qui peut en être une conséquence et la stigmatisation qu’elles subissent.

Keywords: forgoing healthcare.; health minorities; intersex; social inequalities in health; survey questionnaire.

Publication types

  • English Abstract

MeSH terms

  • Adolescent
  • Adult
  • Disorders of Sex Development* / epidemiology
  • Disorders of Sex Development* / psychology
  • Female
  • France / epidemiology
  • Health Status*
  • Humans
  • Male
  • Mental Health*
  • Middle Aged
  • Surveys and Questionnaires
  • Young Adult